Arrêt de travail : ce que les TNS ignorent encore sur leurs indemnités
Un indépendant sur deux n'a pas de couverture prévoyance digne de ce nom. Ce n'est pas par négligence : c'est parce que la complexité du régime obligatoire des TNS rend le sujet opaque. Pourtant, en cas d'arrêt de travail, l'écart entre ce que verse l'Assurance Maladie et le revenu réel d'un freelance peut être catastrophique.
Ce que verse réellement le régime obligatoire
Pour un TNS en BNC ou BIC, l'indemnité journalière maximale plafonne autour de 60 € à 70 € par jour, après un délai de carence de 3 à 7 jours selon les cas. Sur un mois complet, cela représente environ 1 800 € à 2 100 € brut.
Pour un indépendant qui se rémunérait 5 000 € net par mois avant l'arrêt, le manque à gagner mensuel dépasse donc largement 50 %. Sur six mois d'arrêt, l'impact peut atteindre 20 000 € à 30 000 € de pertes nettes.
La prévoyance Madelin : l'outil clé
Un contrat de prévoyance Madelin permet de compléter ces indemnités à hauteur d'un revenu choisi, en général 100 % du revenu d'activité. Les cotisations sont déductibles du bénéfice imposable, ce qui en fait un investissement « rentable » avant même le moindre arrêt de travail.
L'erreur la plus fréquente : souscrire un contrat « standard » sans vérifier la franchise, la durée d'indemnisation, la définition de l'invalidité ni les exclusions. Deux contrats au même prix peuvent offrir des couvertures totalement différentes.
L'invalidité et le décès, souvent oubliés
Au-delà des arrêts courts, la prévoyance doit couvrir l'invalidité permanente partielle ou totale et le décès. Pour un indépendant avec enfants ou crédits en cours, l'absence de ces garanties est un risque familial majeur.
Un capital décès de 200 000 € à 500 000 €, complété par une rente éducation pour les enfants, coûte généralement entre 30 € et 80 € par mois selon l'âge et la santé. C'est dérisoire au regard de la protection apportée.
Comment dimensionner sa couverture
La bonne règle : raisonner en pourcentage du revenu net visé, et non en montant fixe. Un revenu de 80 000 € par an mérite une couverture qui rentre dans le même ordre de grandeur en cas d'arrêt. Trop souvent, nous voyons des contrats à 1 500 € de rente mensuelle souscrits par des indépendants qui se rémunèrent à 6 000 €.
La prévoyance n'est pas un luxe : c'est la condition pour qu'un coup dur ne se transforme pas en catastrophe financière. Bien dimensionnée, elle coûte deux à trois fois moins cher qu'on ne l'imagine, surtout quand on intègre l'économie d'impôt Madelin.
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